Russie : St Petersbourg
L’approche de la deuxième ville du pays (et la quatrième européenne) se fait dans la douleur. Comptant 4,5 millions d’habitants, la circulation est un peu pénible. Il y a peu de grands axes et ces derniers sont vite saturés. De plus, il faut faire attention aux tramways et, comme depuis la frontière, à l’état de la route (le clou étant les passages des rails).
La conduite russe est plus cool et fair-play dès l’instant où l’on a intégré que le doublement par la droite, même quand il n’y a pas vraiment de voie, fait partir des mœurs. Mieux vaut donc avoir ses deux rétroviseurs en pleine forme.
La ville a été construite par Pierre I, dit Pierre le grand, d’où le nom, sur les marécages du delta de la Néva. Ce passionné de l’occident voulait une nouvelle capitale à l’image d’Amsterdam. Du coup, en plus des différents bras de la Néva, de nombreux canaux parcourent la ville. Elle restera capitale pendant près de deux siècles avant de redonner la main à Moscou lors de la révolution de 1917. Appelée par la suite Petrograd puis Leningrad, elle retrouve son nom d’origine en 1991.
Nous commençons par visiter l’un des trois lieux à l’origine de la ville : La forteresse St Pierre et St paul. Elle est située sur l’île Petrogradskaya. Elle comporte encore quelques uns des bâtiments d’époque comme les casernes, la prison, les murailles d’enceinte et la cathédrale. Celle-ci n’est pas extraordinaire d’un point de vue architecturale mais elle renferme la quasi totalité de la dynastie Romanov. Nous sommes d’ailleurs assez surpris de la relative sobriété des tombeaux.
Tous les jours à midi, un coup de canon est tiré depuis les remparts. Nous y assistons et voyons ce que nous pensons être une relève de garde mais sans certitude car, une fois le spectacle terminé, il n’y a plus aucun garde !! En tout cas il font ça sérieusement mais comme ils jonglent avec leurs fusils, ça fait quand même un peu cirque.
Le temps est exceptionnellement beau car le soleil est installé depuis plusieurs jours alors que le mois de juin est traditionnellement le mois le plus pluvieux. Du coup les berges de la Néva sont prises d’assaut et nous voyons même les jardinières ramasser les feuilles en soutien-gorge.
Depuis les remparts, nous avons une vue sur la rive d’en face, sûrement la plus connue avec l’incontournable palais d’hiver qui abrite le musée de l’Ermitage.
Au nord du centre ville se trouve trois îles relativement vertes. L’île Krestovsky comporte un grand parc, une base d’aviron et plusieurs équipements sportifs. Nous trouvons un endroit assez tranquille pour y passer nos nuits. A côté, l’île Elaguine n’est accessible qu’à pied et c’est le lieu où les gens vaquent à leurs loisirs jusqu’à pas d’heure. Au mois de juin, il y a un festival réputé qui s’appelle « le festival des nuits blanches ». Il porte bien son nom car même lorsque le soleil se couche (à minuit) il fait encore clair pour le reste de la nuit. Du coup nous adoptons le rythme d’ici et sommes complètement décalés. Je cours vers minuit et je suis entouré de ceux qui font du roller, du vélo, où qui se promènent. Je ne sais pas comment ils font le matin, mais nous, nous avons du mal !!
Il y a enfin l’île Kamenny dont la végétation dissimule les fameuses « datcha », ces grandes (voire immenses) maisons des cadres du parti communiste.
Nous partons ensuite nous balader le long des canaux. Ceux-ci sont assez larges et sont bordés par de très jolis immeubles le plus souvent en bon état. Du coup la balade est très plaisante.
Nous visitons ensuite quelques cathédrales et autres églises qui pullulent partout dans la ville. Chaque tsar ayant ses préférences architecturales, plein de styles ont été construit. Il y a l’église Notre Dame de Kazan qui s’inspire de Saint Pierre de Rome ;
La cathédrale Saint Isaac que nous n’avons pas trouvé super (il faut dire qu’elle mélange tout un tas de courants et le résultat est décevant) et la cathédrale Smolny qui est maintenant une salle de concert ;
L’église Saint Nicolas des marins conçue en forme de bateau. Le clocher est séparé du reste du bâtiment et placé devant comme la proue d’un navire ;
Et, notre préférée, l’église Saint Sauveur sur le sang versé. Les enfants l’appellent le palais de la reine bonbon. Extérieurement elle est typiquement l’image de l’église orthodoxe que nous imaginions avec ses bulbes colorés et dorés.
En revanche, nous ne nous attendions pas du tout à trouver un intérieur aussi décoré et avec des couleurs si chaudes. Si les soubassements sont en marbre de toutes les couleurs, tout le reste est en mosaïque. Il y en a 6000m² !!
Après un gros travail de conditionnement auprès des enfants (en clair, nous leur avons promis de manger au Mc Do…on avoue !!), nous attaquons le morceau le plus excitant et le moins digeste. Le musée de l’Ermitage. Le moins digeste car même si seulement 20% des oeuvres sont exposées, le musée en compte trois millions ! S’étant enrichie au fil du temps, il occupe maintenant plusieurs palais tous regroupés autour de l’immense place du palais.
L’un des palais n’était autre que celui des tsars et, du coup, la visite vaut le coup d’œil aussi bien pour les collections d’œuvres d’art que pour les salles d’apparat.
Concernant les collections, nous avons du choisir. D’une part nous n’avions pas le temps et le courage de tout faire, et d’autre part la carotte du Mc Do a ses limites. Après avoir fait un rapide détour pour aller voir une momie égyptienne, nous nous sommes concentrés sur la galerie des peintres italiens et la galerie des peintres français. Les salles des impressionnistes sont absolument stupéfiantes par la quantité d’œuvres exposées. Finalement, nous y serions restés des jours entiers mais il a fallu y aller…
Et ils l’ont bien mérité
Après cinq jours, nous quittons la ville pour rejoindre Moscou. Voilà dix ans que nous voulions venir ici et le bilan fut au dessus de nos espérances même après tant d’attente. Il y a un nombre si incroyable de beaux bâtiments que même aller acheter un guide de la route dans une librairie vous fait rester une plombe (c’est du vécu). De plus les canaux apportent un côté apaisant dans cette grande ville même s’ils sont en permanence sillonnés par des bateaux et des scooters des mers. Bien sûr tout n’est pas rose et, en nous éloignant de dix kilomètres du centre, la ville impériale laisse place à tout autre chose. Il faut bien loger les 4,5 millions de personnes et des immenses quartiers d’immeubles de vingt étages en constituent la périphérie. Pas mal d’entre eux sont en mauvais état avec le béton qui s’effrite et les voitures de luxe du centre ville ont fait place aux Lada.