Russie : De St Petersbourg à Moscou
Nous quittons St Petersbourg mais restons dans un premier temps à proximité. En effet, les alentours de la ville regorge de palais qui servaient de résidences d’été au tsars ou à des membres de leur famille.
A une trentaine de kilomètres, au bord de la Baltique, se trouve le château de Peterhof. Si Pierre le Grand, l’instigateur de la construction de ce palais, le voyait modeste, ses successeurs l’ont considérablement agrandi pour en faire un bâtiment affichant plus de deux cents mètres de longueur.
L’intérieur est somptueux avec des styles différents suite aux agrandissements et aux préférences artistiques de chaque tsar : Baroque, néo classique et roccoco. D’où la profusion de dorures, d’angelots, d’arabesques…Ce qui surprend c’est l’état de l’ensemble. Tout paraît neuf car tout est …neuf (à l’échelle de l’histoire). En effet, le palais avait presque entièrement été détruit par les bombardements russes pendant la seconde guerre mondiale. Refoulé par les troupes allemandes, Staline avait donné l’ordre de le détruire pour ne pas qu’Hitler puisse y célébrer le nouvel an. Du coup au lendemain de la guerre, la reconstruction à l’identique fut entreprise. Certaines parties du parc (qui comporte aussi des bâtiments) ne furent terminées qu’en 2000.
Mais ce qui fait surtout l’intérêt de ce château, ce sont ses jardins agrémentés de fontaines et cascades conçut en partie par Pierre le Grand lui même. Il y a un petit jardin à la française devant le palais. A l’arrière, sur des dizaines d’hectares s’étend un jardin à l’anglaise. La dénivellation du terrain profite aux cascades et un canal rejoint la Baltique afin que les invités de l’époque pussent venir en bateau jusqu’au pied du palais.
Nous sentons que la saison débute car de nombreux jardiniers s’affèrent à la taille des pelouses, des haies, du ramassage des feuilles…Tout n’est donc pas clean mais la balade vaut le détour ponctuée par les jeux d’eau des nombreuses fontaines.
De plus, des petits palais se nichent au bout de chemin. L’un d’eux n’est autre que la réplique du pavillon de chasse des rois français dans la forêt de Marly le roi, ce qui est cocasse car il est impossible de le voir à Marly : Il est entièrement détruit, il n’y a que les fondations.
En quittant ce château, nous partons en visiter un autre. Celui de Tsarkoïe Selo. A l’origine, celui-ci appartenait à la femme de Pierre le Grand. Mais il fut profondément remanié quelques décennies plus tard sous le règne de Catherine la Grande. La encore le palais avait énormément souffert au lendemain de la guerre et il fut en grande partie reconstruit.
Le clou de ce palais est le salon d’ambre. Cette pièce (qu’il est interdit de photographier, dommage …) voit ses murs recouverts de panneaux d’ambre. Les couleurs de l’ambre parcourent tout le spectre du jaune clair à l’orange sanguine proche du rouge. Le résultat est chargé mais incroyable. A l’extérieur, un parc de 300ha se décline en jardin à la française et à l’anglaise.
Cette fois nous quittons bel et bien la région de St Pétersbourg. Nous nous arrêtons à Veliky Novgorod. Là, nous faisons un bon en arrière car l’origine de cette ville est bien plus ancienne. Créée par des viking en 859 elle deviendra en 1136 capitale d’une république indépendante, prémisse d’un futur état russe. De cette période subsiste le kremlin. Ses murailles se dresse au bord de la Volnov et abritent la cathédrale Sainte Sophie qui affiche presque 1000 ans d’âge. Très sobre d’extérieur, elle l’est un peu moins à l’intérieur. Mais ce qui frappe, c’est la ferveur des fidèles, très nombreux, qui s’y recueillent dégageant une atmosphère lourde.
Nous tombons le week-end de la fête de la ville. Nous profitons des manifestations organisées à cette occasion et surtout du beau temps pour aller, c’est selon, se baigner ou lézarder.
Nous reprenons la route vers Moscou. Celle-ci traverse un paysage de forêt qui n’a pas du tout le charme scandinave, rendant le trajet assez monotone. Mais il nous permet d’entrevoir ce qu’est la vie dans la campagne d’ici. L’habitat est en bois, pas très grand et pas en très bon état, presque laissé à l’abandon. Souvent, nous devinons qu’il est habité qu’à la parabole accroché au pignon. Nous voyons plein de tous petits commerces dont les plus nombreux regorgent de peluches et de nains de jardin ! Assez bizarrement, nous retrouvons des similitudes assez fortes avec la campagne thaïlandaise. Et à notre avis, une nuit chez l’habitant ici doit être aussi dépaysante que là-bas.