Finlande
Le trajet en ferry se déroule sans problème. L’approche des côtes Finlandaises s’avère aussi périlleuse que de quitter Stockholm car il faut se frayer un chemin au travers de l’archipel de Turku avant d’atteindre le port de la ville.
Turku était au temps où la Finlande faisait partie de l’empire suédois la deuxième ville après Stockholm. Quand les russes chassèrent les suédois, ils transférèrent la capitale à Helsinki. De son passé il reste un château et une cathédrale dont le peu de charme est éclipsé par la beauté de la côte où s’étendent des minuscules îles, parfois même de gros rochers, à perte de vue dans la mer d’Aland.
Le beau temps est bien présent mais nous constatons que les arbres sont encore, et de fort belle manière, habillées pour les grands froids !
Le passé suédois se voit encore car dans cette partie du pays les noms des villes sont en finnois et en suédois. Néanmoins, après une indépendance gagnée de haute lutte face à la Suède d’abord puis à la l’URSS ensuite, les finlandais ne se considèrent pas scandinaves et sont farouchement indépendants.
Nous visitons les alentours de Turku en attendant de recevoir les visas que nous avons enfin obtenu pour poursuivre le voyage en Russie.
Nous partons pour Rauma, ville réputée depuis le moyen-âge pour sa fabrication de dentelle. Mais c’est aussi, de tous les pays nordiques, la plus grande ville en bois encore debout avec près de 600 maisons datant du 18ème et 19ème siècle, ce qui lui vaut d’être inscrite au patrimoine de l’Unesco. Toutes sont encore habitées ou transformées en commerces et magasins ce qui donne un sentiment ambivalent. D’un côté l’aspect ancien perd un peu de son charme avec des panneaux publicitaires et des trampolines dans les jardins, mais de l’autre, bien loin des villes musées, il y règne une réelle activité.
Nous séjournons également à Uusikaupunki où nous nous adonnons, pour certains à un peu de pêche, et pour d’autre à un peu de repos (mais de quoi est-il fatigué me direz-vous…)
Nous récupérons nos visas et partons pour Helsinki. Nous traversons un pays boisé mais pas aussi plat que nous l’aurions cru. Nous sommes toujours à l’affût pour découvrir notre premier élan mais malgré la présence de nombreux panneaux au bord de la route invitant à la prudence, nous sommes toujours bredouilles.
Nous rentrons dans une région abritant des « brucks », qui ne sont autres que des villages de forges. Nous nous arrêtons dans le plus connu à l’étranger, Fiskars, en raison de la marque éponyme qui sortie un fameux ciseaux aux poignées orange dans les années 1960. Fondée en 1649, la forge n’est ici plus en activité mais il reste plein de bâtiments très anciens (transformés pour la plupart en boutique souvenirs, restaurants ou musées) qui montrent bien l’organisation industrielle de l’époque.
Nous arrivons enfin à Helsinki. Nous cherchons un coin pour la nuit et, fidèle aux capitales nordiques, la nature n’est jamais très loin du centre. Nous trouvons donc une petite plage sur une presqu’île à proximité. Etonnamment, la mer Baltique est meilleure que la Manche à la même époque.
Nous commençons par visiter le centre historique de la ville avec la cathédrale Tuomiokirkko juchée en haut d’une esplanade qu’il faut gravir tel les marches d’un temple Inca. L’intérieur est fidèle à l’extérieur, blanc et sobre.
Non loin de là, perchée sur une île, la cathédrale d’Uspenski répond à la blancheur de Tuomiokirkko par l’éclat rouge de ses briques.
Ses deux cathédrales dominent le port et le quartier le plus animé de la ville. Nous retrouvons de la part des finlandais la même frénésie à capter le moindre rayon de soleil. Toujours ce fameux hiver froid et sombre. D’ailleurs, en discutant avec les gens, ils nous parlent d’eux même des problèmes de dépression qu’ils subissent pendant cette période. Du coup, très peu de finlandais quittent leur pays l’été, préférant profiter de leur mökki (chalet d’été) qui pullulent près de tous les lacs. Nous constatons qu’en semaine les gens profitent tard des extérieurs en pratiquant toutes sortes d’activités bien au delà des 23h00.
A côté du centre historique, se trouve un quartier plus moderne où nous retrouvons un grand nombre de magasin de design, domaine dans lequel la Finlande excelle.
De nombreuses îles de toutes tailles font face à la ville. Certaines sont vierges, d’autres privées, et d’autres sont occupées par des bâtiments public (zoo, musées …).
Nous prenons le bateau pour visiter celle de Suomenlinna. En réalité ce n’est pas une mais quatre îles. Elles ont été reliées entre elles et aménagées en forteresse au 17ème siècle par les suédois qui voyaient l’appétit des russes à leur égard d’un mauvais œil. L’ensemble est suffisamment bien conservé pour se rendre compte de l’importance du site qui en fin de compte fut pris sans difficulté par les russes.
Nous quittons Helsinki et longeons la côte du golfe de Finlande. Nous faisons une halte à Porvoo. Nous nous garons au bout d’une route forestière qui donne sur un ponton qui donne sur un lac.
Lilou, Yohan et Mia s’offrent une partie de pêche mémorable avec pas moins de quinze poissons à eux trois. Les dames qui leur ont prêté le matériel n’en revenaient pas car dans le même temps elles ne remonté qu’un seul poisson. Autant vous dire qu’ils ont eu du mal à s’endormir, l’excitation ayant mis du temps à retomber.
Nous délaissons la pêche pour visiter la ville. Si elle date du 14ème siècle, ce qui en fait la plus ancienne après Turku, c’est son centre ville composé de maison en bois du 18ème siècle qui fait sa réputation. Bien que plus petit que Rauma, nous lui trouvons beaucoup plus de charme avec sa rivière, ses rues en galets et ses boutiques…pour touristes.
Nous passons notre dernière nuit non loin de la frontière russe. Nous ne pouvons pas nous attarder plus longtemps en Finlande car nos visas russes sont définis pour des dates données. C’est dommage car ce pays mérite vraiment qu’on s’y attarde et les finlandais, accueillants et chaleureux, sont loin, très loin, de l’image froide et stoïque que nous avions un peu avant de venir.