Suède : deuxième partie
Nous revenons en Suède en rentrant en Délacardie. Cette région assez centrale fait le lien entre le nord couvert de grands espaces vierges et sauvages, et le sud beaucoup plus peuplé, industriel et agricole. C’est ici que se perpétuent avec une grande vivacité les traditions et le folklore suédois.
Nous découvrons cette région en faisant un arrêt à Idre qui s’avère être une station de ski reconnue. Nous commençons par refaire le plein de tout (gasoil, nourriture avec des fruits et des laitages à profusion !!). A proximité se trouve la réserve naturelle de Städjan-Nipfjället. Nous partons à l’assaut du point culminant du massif, l’ancien volcan Städjan qui s’élève à 1191m. Les quelques névés qui restent sont l’occasion de belles batailles de boules de neige.
Nous essayons de voir des élans, castors, ours, gloutons et autres lynx qui peuplent le coin mais en vain.
Après Idre, nous poursuivons notre route à travers de vastes étendues quasi plates de forêts de sapins et de bouleaux. Nous dormons à proximité des rivières ou des lacs et constatons que la température de l’eau a gagné plus de dix degrés. La baignade devient envisageable pour les plus courageux (Yohan et Mia)
Au lac Siljan, nous faisons une halte à Mora. Nous sommes ici au centre de la Délacardie et, avec quelques autres villes du lac, à l’endroit où se déroulent la plupart des fêtes folkloriques de Suède. Malheureusement, la saison ne débute qu’en juin et nous ne serons plus là.
C’est aussi par ici, à Falun, que provient l’origine de la couleur rouge caractéristique des habitations scandinaves et devenue symbole national en Suède. L’ocre rouge est un sous produit du cuivre qui fut exploité autour de la ville pendant plus de 400 ans. Il est déjà difficile de trouver une maison construite avec autre chose que du bois mais la tâche est encore plus ardue d’en trouver une qui n’est pas peinte en rouge.
Nous visitons à Nusnäs l’une des quelques usines qui fabriquent de façon artisanale un autre symbole de la Suède, à savoir un petit cheval en bois peint à la main. Les enfants ont adoré surtout la découpe du bois pour Mia et la peinture pour Lilou.
Nous approchons ensuite du lac Mälaren, le troisième plus grand du pays qui est surtout atypique par son incroyable géométrie. Faites tomber un pot de peinture par terre du premier étage et vous n’obtiendrez pas une forme plus complexe que le Mälaren. Nous faisons un arrêt à Västeras mais la ville n’a pas de charme particulier. Nous visitons la cathédrale qui est assez différente de ce que l’on peut trouver en France du point de vue de l’ambiance. Il y a un vestibule en rentrant avec un café et un vestiaire si bien qu’on se croirait dans un théâtre. Le bâtiment est là aussi chauffé, un espace est réservé pour les enfants et la décoration fait penser à celle d’un hôtel chic avec des luminaires au design contemporain.
Nous partons ensuite pour Upssala, située aussi au bord d’un des bras du lac mais à 80km de Väsetras. Là, l’ambiance est toute autre. D’une part la ville est beaucoup plus animée. Il faut dire que c’est la première ville universitaire de Suède avec ses 20000 étudiants. Et en effet, on trouve des bâtiments universitaires à tous les coins de rues. Et qui dit étudiants dit vélos !
D’autre part, la ville possède un vieux quartier avec un château, une cathédrale et un beau parc le tout longé par la rivière Fyrisan juste avant de rejoindre le lac.
Nous faisons toujours des séjours réguliers dans les bibliothèques où les enfants trouvent sans difficulté des livres en français et s’amusent aux autres activités pendant que nous mettons le blog à jour.
Nous constatons l’engouement des suédois pour la course à pied en nous garant, par hasard, sur un parking à proximité du départ d’une course. En fin d’après-midi un mercredi, 13500 personnes sont au rendez-vous pour un 5km ou 10km. Cela nous a un peu surpris car nous avions vu jusqu’à présent beaucoup de skieurs à roulettes (qui utilisent les routes au même titre que les cyclistes), de joueurs de football (avec autant d’équipes féminines que masculines) et des journaux rapportant en permanence les performances des équipes de hockey sur glace ; mais de coureur point trop. Le hasard faisant presque bien les choses, j’ai pu m’inscrire pour le 10 km (je fais11ème) mais les enfants n’ont pas pu participer car il n’y avait plus de place.
Nous quittons Uppsala pour Stockholm. Depuis notre retour en Suède le climat a bien changé. Il s’est radouci et nous constatons que le printemps est bien là. Nous sommes un peu moins au nord également et les nuits sont un peu plus marquées. La campagne quant à elle est on ne peut plus verdoyante.
La capitale suédoise est une cité d’eau. Située à l’endroit où le lac Mälaren, se déverse dans la Baltique, elle est construite sur quatorze îles si bien que l’ambiance aquatique et portuaire (de plaisance majoritairement) est encore plus marquée qu’à Oslo. La ville possède en outre un riche patrimoine architecturale, témoin d’une époque de plusieurs siècles où le royaume de Suède dominait l’ensemble des pays nordiques. Mais le plus fabuleux est la proximité de zones totalement au calme recouvertes de forêts, de prés ou au bord de l’eau, le tout à dix minutes à pied du centre. Du coup, nous avons pu y laisser le camping-car et tout faire à pied.
Nous commençons par visiter la vieille ville située sur l’île de Gamla Stan. Typique avec ses rues pavées étroites, elle comporte la cathédrale où sont mariés les membres de la famille royale et le palais royal (qui ne sert que pour de grandes occasions, le couple royal habitant un autre château en dehors de la ville).
Juste à côté de Gamla Stan se trouve Riddar Holmen où s’élance la flèche de fer de l’église des chevaliers qui est l’équivalant du panthéon à Paris.
Nous allons ensuite sur l’île aux bateaux. Sur son versant ouest, bon nombre de bateaux sont amarrés à demeure. Ils ressemblent tous à des vieux remorqueurs, robustes, et doivent supporter la pression de la glace pendant les mois d’hiver. En effet, avec une moyenne de –20°C l’ensemble des eaux du lac est gelé.
En face, c’est l’île de Djurgarden qui porte bien son nom car c’est l’une des plus vertes de la ville. Elle est parcourue par des sentiers pédestres, des pistes cyclables et des chemins équestres. Seule une extrémité regroupe une grande quantité de musées ainsi qu’un petit parc d’attractions.
Stockholm possède peu de bâtiment représentatif. Seul l’hôtel de ville peut prétendre remplir ce rôle. Situé sur l’île du roi, il dresse fièrement sa massive silhouette de brique rouge dominée par une tour où la vue mérite de se faire les mollets sur les 350 marches (si, si, Mia les a « presque » comptées).
En plus des îles, il existe des kilomètres de quais bordant la partie continentale. Ces derniers sont pris d’assaut dès le moindre rayon de soleil. Nous hallucinons d’ailleurs sur le nombre d’enfants en bas âge et le nombre de femmes enceintes que nous voyons.
Nous quittons la Suède en prenant un Ferry pour la Finlande. Nous qui pensions que Stockholm était au bord de la mer, nous avons révisé notre jugement. Elle l’est en effet mais il y a tellement d’îles avant d’atteindre le large qu’il faudra au ferry louvoyer pendant près de deux heures dans un véritable labyrinthe. Les passages sont parfois si étroits que le bateau s’arrête pour effectuer une rotation sur place et repartir dans la bonne direction. Heureusement que nous avons eu un temps calme et relativement dégagé car sinon l’entreprise doit être vraiment angoissante.
Des trois pays scandinaves, la Suède est celui que nous avons préféré et Stockholm arrive dans le peloton de tête de la quinzaine de capitales que nous avons visitées. Pas pour les paysages qui sont très jolis mais qui semblent bien fades face à ceux, extraordinaires, de la région des fjords en Norvège. Mais c’est ici que nous avons trouvé les gens les plus ouverts, chaleureux et expansifs. Leur modèle social faisant une part belle à la famille (congé parental de 480 jours avec 80% du salaire) et l’argent des prélèvements sociaux (importants) permettant de réaliser des installations publiques de qualité (nous avons éprouvé les bibliothèques mais c’est vrai pour pas mal d’autres choses), énormément de monde avec enfants se retrouvent autour d’activités de loisirs (culturelles ou sportives), dégageant une ambiance joyeuse et calme à la fois (ça c’est le côté nordique). Cependant, en voyant tout le monde profiter du moindre rayon de soleil, nous nous demandons quand même si nous pourrions supporter le rythme de vie d’un hiver quand le jour n’est là que quelques heures (entre 10h00 et 15h00 à Stockholm), que la neige recouvre tout et que la glace à partout remplacée l’eau.