Russie : L’anneau d’or
En sortant de la capitale russe, nous partons en direction du nord-est. Entre les Xème et XIIème siècle, plusieurs villes de cette région appelée « anneau d’or », passage obligé des marchandises de la Caspienne à la Baltique, se développèrent grâce au commerce et se disputèrent le pouvoir local avant de péricliter au profit de Moscou.
Nous commençons par une visite de Serguïev Possad, tranquille bourgade à une heure de Moscou. Après l’agitation de cette dernière, cela nous fait un peu mort. De plus le monastère de la Trinité Saint Serge qui fait la réputation de la ville est en travaux sur sa presque totalité. Asphyxié sous l’ère communiste, celui-ci refait surface et fait peau neuve dans l’optique de son 700ème anniversaire. C’est le monastère le plus important et le plus actif du pays. Il abrite même une demeure pour le patriarche (l’équivalent du pape) quand celui-ci n’est pas à Moscou.
Nous sommes donc un peu déçus mais nous faisons coup sur coup trois rencontres fort sympathiques. D’abord deux néo-zélandaises qui voyagent aussi en camping-car à travers l’Europe puis un couple de russes dont le monsieur parle français et qui nous a éclairé sur les difficultés actuelles du russe lambda surtout en ce qui concerne l’accès à la propriété (les taux d’intérêts sont à plus de 15%). Pendant que nous discutons, Yohan et Mia se sont rapprochés de deux étudiants des beaux arts, Vania et Sveta en train de peindre. Sveta parle très bien français et nous passons le reste de la soirée à échanger sur Russie, la France et notre voyage. Nous nous rendons compte que nous ne savons rien de ce qui se passe en France car c’est eux qui nous apprennent telle décision du gouvernement ou tel événement. Les enfants se sont appropriés le matériel de peinture et s’en donne à cœur joie.
Après cette bonne soirée, nous partons pour Vladimir. Cette grosse ville abrite des monuments inscrits au patrimoine de l’Unesco, en particulier les cathédrales de l’Assomption et de Saint Dimitri. Cette dernière témoigne de belle façon de l’époque où l’art de la sculpture sur pierre était en vogue.
Nous dormons près du stade, l’occasion de faire de nouvelles rencontres et de m’entraîner avec le champion de Russie du 400m. Les enfants ne sont pas en reste et nous finissons tous dans le sauna du stade après quelques tours de piste.
Nous allons ensuite à Souzdal et retrouvons pour l’occasion la campagne. A l’époque de son firmament, les riches marchants manifestèrent leur réussite en élevant des églises. De fait, il y en a plus d’une trentaine en plus des monastères, autant dire, vu la taille de la ville, à tous les coins de rues.
Tous ces monuments sont plantés dans un décor verdoyant où serpente en doux méandres la Kamenka. Cette petite rivière tient lieu de vie au même titre que la place centrale du village. Les gens y viennent se laver, laver leurs linges et s’y divertir. Les écoles font même leurs activités sportives à côté. Pour le coup, nous sommes très loin du niveau et du mode de vie de Moscou, preuve s’il en est que la Russie à au moins deux visages. Après les nombreuses visites de ces dernières semaines nous profitons de cette tranquillité.
Après en avoir bien profité, nous quittons Souzdal pour prendre la direction du sud. Une longue route nous attend pour atteindre la mer Noire. Nous passons par des régions et des villes qui n’offrent (et c’est inestimable) que leur authenticité. Le camping-car est souvent regardé, surtout la plaque minéralogique et certains fredonnent des chansons françaises en voyant d’où nous venons. Malgré la barrière de la langue nous n’avons pas de difficulté particulière pour nous faire comprendre mais il est bien utile de savoir jouer au Pictionnary car par moment, le plus efficace reste l’explication par le dessin.
En descendant les paysages changent. Les jachères laissent place aux cultures. Des marchands de primeurs et de miels surgissent le long des routes et les étals des marchés sont maintenant plus fournis. Finalement la seule chose qui ne varie pas jusqu’à la frontière est l’état des routes si bien que cela méritera un petit article à part entière.