Route du retour
Au moment ou nous prenons la décision de revenir en France, nous sommes au Pélion, péninsule rocheuse et montagneuse en forme de doigt crochu où se niche de très jolies plages. Nous optons pour faire une partie du trajet de retour en bateau et rejoignons le port d’Igouménitsa où des ferries assurent la liaison avec Ancône, en Italie.
Entre la Pélion et Igouménista, nous nous arrêtons à Vergina, toute petite ville où a été découvert en 1976, sous un tumulus, des tombes royales. Après quatre ans de fouilles, le site est aménagé à la visite et ouvre en 1993. En réalité le musée reconstitue le tumulus et permet de découvrir l’entrée des tombes et tous les objets retrouvés dedans. Ces derniers sont d’une richesse et d’un état incroyable (couronne de feuille de myrtes et parure de combat en or, vaisselle en argent tellement bien conservée qu’elle pourrait sortir d’un magasin Christofle, bijoux précieux, vêtements brodés d’or…). C’est à l’image de ce que nous avions vu en Egypte. Il faut dire que les locataires des lieux ne sont pas les premiers venus : L’un d’eux est Philippe de Macédoine, roi de Macédoine et père d’Alexandre le Grand, et un autre serait le fils du dit Alexandre le Grand. Vraiment un site magnifique.
Avant d’arrivée au port, nous empruntons une route que nous avions découverte pour aller aux Météores. Nous sommes frappés par le changement de paysage. L’automne est maintenant là, et se manifeste tellement qu’on croirait qu’il évolue depuis des mois. Si nous n’étions pas passés trois semaines avant, nous ne l’aurions pas cru. A croire que dans cette région il ne dure qu’un mois pour laisser la place à l’Hiver.
Nous embarquons dans le ferry et traversons l’Adriatique qui, cette fois-ci, est calme. La Grèce est cette fois bien dernière nous. Après cinq semaines passé à la sillonner, nous en gardons de très bons souvenirs. La mer chaude et les belles (voire très belles) plages quasi omniprésentes, des sites antiques splendides qui nous ont captivés, nous qui adorons cette période et la gentillesse des gens. Pour ce dernier aspect, la présence des enfants y est assurément pour beaucoup. Combien de fois se sont-ils vu offrir des gâteaux ou des cadeaux dans les magasins ? Les difficultés actuelles de la Grèce sont peu visibles pour les gens de passage. Certes la TVA est très élevée, certes il y a eu des manifestations à Athènes, mais si nous n’avions pas discutés avec des Grecs rencontrés ici et là, jamais nous n’aurions deviné la situation terrible qu’ils traversent.
Les vingt heures de trajet se passe bien. Arrivés le soir à Ancône, nous dormons à proximité, dans le village de Portonovo. Je pars mettre un pied dans l’eau et je constate qu’elle est beaucoup plus froide qu’en Grèce.
Nous amorçons notre remontée sur la France. La route comporte des villes intéressantes et nous faisons une première halte à Assise. Cette ville médiévale comporte château, églises, cathédrale mais surtout la basilique de St François. Ou plutôt les basiliques car l’édifice comprend deux basiliques construites l’une sur l’autre. Chacune à son propre style, l’une trapue et sombre, l’autre haute et aérée aux fresques colorées même si l’on constate les dégâts causés par le tremblement de terre de 1997. C’est la première fois que nous voyions cela. De plus, au moment d’arrivée dans cette ville nichée sur une colline, nous avons eu la chance de percer la couche de nuages qui bouchait la vallée. Du coup, le spectacle avait un côté un peu irréel.
Après une nuit au bord du lac de Trasimedo, nous repartons et faisons escale à Sienne. La encore, le passé est splendide. Nous commençons par l’incontournable plazza del Campo où trône le Palazzo Publico et sa torre del Mangia de 88 mètres d’où la vue est superbe.
Ensuite nous déambulons dans les rues pour arriver au Duomo. Celui-ci est, extérieurement, richement décoré et l’utilisation de plusieurs couleurs de marbre lui donne un aspect très avenant, pas du tout austère. L’intérieur est encore plus exceptionnel avec des pavements originaux représentants des personnages mythiques ou des scènes de l’ancien testament.
Après Sienne, nous visitons sa voisine Florence. Nous commençons par l’incontournable Piazza del Duomo avec le baptistère, la cathédrale et le campanile. L’ensemble est impressionnant par la taille et la richesse de l’ornement. Nous étions venus il y a une dizaine d’années et nous sommes frappés par la saleté, probablement liée à la pollution, qui s’est déposée sur les bâtiments, surtout le baptistère. Nous passons ensuite sur Piazza della Signoria pour admirer la fontaine de Neptune et les nombreuses statues dont David de Michel-ange ou Persée de Cellini. Après avoir pique-niqué près du Ponté Vecchio, nous visitons la galerie des offices, musée où, notamment, une salle est dédiée à Botichelli. S’y trouvent aussi des œuvres de Léonard de Vinci et Michel-ange. Cette fois, c’est Lilou qui a été captivée par « la naissance de Vénus » et autre « Printemps ».
Non loin de là se trouve Pise et nous y faisons notre dernière escale. La Piazza del Duomo est toujours aussi majestueuse et contrairement à notre dernier passage, la tour penchée est réouverte au public. Le prix est prohibitif et finalement l’intérieur ne présente pas un grand intérêt. Nous restons quand même impressionnés par l’inclinaison de l’édifice.
Nous parcourons ensuite, sous la pluie, les derniers kilomètres qui nous séparent de la France. Lilou est ravie de revoir la frontière et son sourire nous conforte dans notre décision. Nous allons maintenant passer la fin de l'année dans la famille et chez les amis et réfléchir à la suite de notre aventure.
A bientôt et bonnes fêtes de fin d’année pour ceux que nous ne verrons pas.