Roumanie (fin) : La Transylvanie
Nous commençons la visite de cette région en nous arrêtant dans la ville de Praid. C’est un lieu exploité depuis l’antiquité pour sa mine de sel et couru depuis les années soixante pour sa station thermale où les curistes descendent à 120m sous terre pour inhaler l’air saturé de sel. Nous descendons à notre tour et avons l’impression de nous retrouver dans un scénario d’anticipation où les hommes doivent vivre sous la terre suite à je ne sais quelle catastrophe en surface. Ainsi, dans une semi-pénombre, nous découvrons presque une ville avec des jeux (structures gonflables, parcours d’accrobranche, table de ping-pong, toboggans, balançoires…) des tables de pique-nique, des snacks, des restaurants, une cave à vin, le wifi, des sanitaires, un poste de secours, une église (avec la messe en cours) et même des activités. C’est ainsi que Valé, Mia et Yohan ont suivi, avec plusieurs centaines d’autres, le cours de gym tonique !
Nous sortons de la mine en espérant ne jamais avoir à vivre sous terre et nous prenons la direction de Sighisoara pour visiter la région dite des citadelles saxonnes. Ces citadelles implantées dans des villages développés par des allemands au XIIème siècle, sont pour la plupart des églises qui furent fortifiées pour résister aux invasions.
Nous commençons par la ville médiévale de Sighisoara qui conserve, en plus, un vieux centre médiéval dominé par la tour de l’horloge.
Plusieurs centaines de citadelles sont encore visibles et nous n’en verrons que quelques unes. Parmi celles-ci, deux retiennent notre attention. La première est Prejmer qui possède un système de remparts impressionnant avec une épaisseur mini de cinq mètres et une maxi de trente-deux mètres !! Il faut donc passer dans un long couloir équipé de herses pour pénétrer dans l’enceinte où l’on découvre une multitude de portes numérotées. Ce sont en fait de petits greniers où chaque famille pouvait y déposer ses récoltes afin de les protéger.
La seconde est celle de Viscri. La citadelle est jolie perchée en haut de la colline dominant le village et elle renferme dans les anciens greniers plein de vieilles machines (métiers à tisser, à filer…).
Mais c’est surtout le village qui nous a charmé. Accessible que par une piste, il est assez isolé et du coup une atmosphère intemporel y règne. Tous les animaux de ferme sont en liberté, les anciens discutent au pied de leur maison, les enfants jouent au milieu des rues et les femmes tricotent leur chaussons et autres chapeaux en feutre au portail.
Nous dormons dans un champs à proximité du village et avons le grand bonheur au réveil de se voir offrir un gros fromage par un couple de paysans partant aux champs. Nous qui trouvions les Roumains accueillants, voilà qui renforce un peu plus notre sentiment. D’autant que la famille Oudin a vécu la même chose en se voyant offrir du lait frais.
Après cette pure pause de bonheur, nous allons à Brasov, troisième ville du pays. Celle-ci est située au pied des Carpates et conserve un centre moyenâgeux et quelques vestiges de ses fortifications d’antan qu’elle essaie de préserver de son développement actuel. Nous ressentons un certain dynamisme économique par rapport à toute la partie nord du pays que nous venons de visiter et du coup un déballage d’enseignes de marques que nous avons vu dans toutes les grandes villes des pays que nous avons traversé (Thaïlande exceptée).
Les enfants étant demandeurs, nous faisons l’ascension de l’Aleea Filimon Sirbu, colline escarpée, qui offre d’un belvédère un beau point de vue sur la ville.
Nous quittons Brasov pour sa voisine Rasnov où nous visitons une forteresse construite au XIVème siècle mais qui se révèle décevante, hormis la vue sur la vallée, car en grande partie en ruine. La restauration est en cours mais en attendant il faut se l’imaginer.
En revanche, cela nous amène à voir des animations de rues dont nous nous ne lassons pas : Retour des troupeaux des champs et marchés.
Nous nous enfonçons un peu plus dans la chaîne des Carpates en remontant la vallée de la Baléa. Nous effectuons une petite randonnée pour y voir les cascades mais devons faire demi-tour car le terrain devenait trop dur pour Rubson et plus tard, près du lac, c’est le brouillard qui nous oblige à rebrousser chemin.
Le temps restant toujours bouché, nous quittons les cimes pour retourner dans la vallée. Nous passons par Sibiu dont le vieux centre s’articule autour de plusieurs places qui communiquent entre elles. Nous sommes un peu étonnés du peu de monde qui s’y trouve par rapport à l’affluence des routes des cols.
Après Sibiu, nous quittons la Transylvanie et traversons jusqu’à la frontière hongroise un paysage vallonné et aux infrastructures développées. Nous ne voyons plus de charrettes (ou si peu) et les foins se font à la machine.
Si nous avons visité la Roumanie un peu par hasard suite à un changement d’itinéraire de dernière minute, nous en sommes ravis car c’est la plus belle surprise du voyage. Nous avons été touché par la gentillesse désintéressée des roumains et sous le charme des paysages vallonnés et montagneux (il faut dire que nous ne sommes pas allés dans la plaine du Danube et sur la côté de la mer Noire qui semblent moins attrayantes). Et que dire de leur mode de vie qui, dans certaines régions, nous replongent des décennies en arrière et d’où émane une certaine quiétude.