Préambule
Pouvions-nous ne pas faire ce voyage ?
Difficile à croire tant nous l’avions en tête depuis des années. Ma sœur vous dirait que je lui en parlais déjà au lycée. Vingt ans, quelques voyages, trois enfants et un chien plus tard, nous voici à l’aube de ce projet. Il a évolué, passant du routard en auto-stop (à l’époque où nous n’étions que deux) à celui du véhicule déambulant au gré de nos envies et de la beauté des paysages traversés. A ce stade, sa finalité est de découvrir et faire découvrir à nos enfants des contrées nouvelles avec tout ce qui va avec (langue, nourriture, culture…) et profiter de cette parenthèse professionnelle pour être avec eux à « temps plein ».
L’équipage (par ordre inverse d’arrivée dans la famille)
L’Astrolabe (six mois)
On en n’est pas encore au stade où nous appelons notre camping-car par un petit nom mais cela viendra peut-être. Ce sera alors l’Astrobale, en référence au vaisseau de Jean François de Galaup, comte de La Pérouse qui mena en fin du 18ème siècle une expédition scientifique visant à compléter les découvertes effectuées par un autre grand explorateur, James Cook. Nous ne sommes pas superstitieux, et c’est tant mieux, car la Boussole et l’Astrobale coulèrent à Vanikoro dans l’océan Pacifique.
Mia (trois ans et demi)
Dernière apparue, elle a conditionné sans s'en rendre compte le départ car nous souhaitions qu'elle soit un minimum autonome. Alors, elle ne me suit pas encore en balade quand je vais faire le pic du midi, mais elle marche suffisamment bien pour pouvoir profiter des sorties balades ou culturelles, est propre (ce qui résoud le problème de la place pour les couches) et du haut de ses quatre ans en fin d'année retiendra quand même quelques souvenirs.
Yohan (six ans et demi)
La graine d'explorateur, c'est lui. Curieux de tout et plus particulièrement de la nature, son impératif est que je n'oublie pas l'épuisette pour aller pêcher les crabes et les poulpes (pour ces derniers je ne suis pas sûr que l'épuisette apporte une aide salutaire mais on la prend quand même!). Vous l'aurez donc compris, on ne peut décemment éviter la mer, pour que notre petit bonhomme fasse sa pêche miraculeuse. A ce propos, Yohan étant capable de rester des heures entières à l'affût d'une pince de crabe qui dépasse d'un rochet, ne vous étonnez pas si vous trouvez que nous n'avançons pas vite (et oui, c'est patient un crabe aussi, surtout quand il voit une épuisette !!).
Lilou (neuf ans)
Elle aussi a conditionné la date de ce voyage. Nous aurions pu attendre que Mia soit plus grande mais nous ne voulions pas tarder pour que Lilou soit encore à un âge où elle s'émerveille de tout et où reste entière sa spontanéité. Elle a des bonnes copines mais ce n'est pas une déchirure de les quitter (le plus dur sera sa cousine), de même pour ces activités extra-scolaires. Néanmoins elle commence à prendre goût à pas mal de choses et elle aurait eu peut-être du mal à partir dans deux ou trois ans. Et comme ça, nous, ça nous arrange car on se sent tout à fait capable de lui faire le CM1 !!
Rubson (douze ans)
C'est un peu la surprise du voyage. Premier enfant de la famille à l'époque où nous étions en Normandie, nous ne pensions pas qu'il vivrait si vieux. Non pas que nous sommes des maîtres tyranniques mais plutôt que pour cette race de chien c'est un âge très avancé. Alors même si depuis quelques mois il fait surtout le loir, il a encore quelques beaux restes pour se sauver voir ses copines de quartier et monter dans la capucine du camping-car.
Valérie (Dois-je le dire ? Aller, un indice, deux ans de moins que moi)
Un tantinet billeuse, Valé a trouvé là une source de soucis quasi inépuisable. Il faut dire que je prends un malin plaisir à compliquer les choses en évoquant par exemple ma récente admiration pour les ruines Syriennes de l'époque romaine. Son impératif: M'avoir à temps plein pour profiter de moi (je l'invente pas, elle est à côté pour me le dicter !!!).
Eric (trente sept ans)
Un tantinet non billeux et curieux de rencontrer plein de choses inconnues, ce voyage sera assurément l'occasion de partager des moments inoubliables en famille. Cette envie est d'autant plus marquée depuis la perte de mes parents ces dernières années, qui d'ailleurs, après m'avoir transmis le virus du voyage auraient suivi avec plaisir celui-ci.