Hongrie
Lors de la préparation de notre voyage, nous n’avions pas évoqué un passage en Hongrie. Quand nous avons modifié notre itinéraire pour ne pas que Rubson souffre trop de la chaleur, c’est tout juste si nous y avons songé. Et puis, un soir à la piscine, Sylvia, une récente amie hongroise du club des « parents qui attendent leur enfants pendant l’entraînement », nous parle du lieu où elle a grandi, où elle retourne presque chaque été et qu’elle nous fera découvrir avec joie si nous décidons d’y aller.
Et voilà comment nous nous retrouvons à franchir la frontière entre la Slovaquie et la Hongrie. En réalité de frontière, on devine l’ancien poste de contrôle, fortement rouillé, sous les mauvaises herbes. En revanche, l’état des routes s’améliore très nettement dès le passage de ce poste.
Nous achetons une carte et prenons du gasoil (1,7 euro le litre, aï, aïe, aïe !!) et découvrons que la Hongrie, si elle fait partie de l’union européenne, n’a pas adhéré à la monnaie unique. Nous faisons donc le plein de Forints et prenons la direction du lac Balaton.
Nous faisons une pause à l’abbaye de Pannonhalma et arrivons sur les berges de l’un des plus grands lacs d’Europe (90 km) en soirée. L’eau est chaude, les plages nombreuses, les points de campement sympathiques et nous retrouvons nos amis Sylvia, Christophe et leurs enfants : Tous les ingrédients pour passer une bonne semaine de farniente salvatrice après les nombreuses visites des derniers jours.
Cela tombe d’autant mieux que nous débutons l’école (avec quinze jours d’avance) et notre rythme sera désormais plus cool (nous publierons un article spécifique à l’école plus tard, quand nous serons rodés).
Nous profitons pleinement de l’avantage de connaître quelqu’un du pays. Sylvia et Christophe nous font découvrir la nourriture locale (notamment les langos accompagnés de jus de citron et sureau), les endroits les plus sympas et surtout, la vie hongroise. En arrivant au bord du lac, nous y avons trouvé des clubs chics et des belles voitures. Mais ce n’est que la petite partie émergée de l’iceberg. L’écart des classes se voit car ceux qui réussissent s’empressent de le montrer. Pour beaucoup la vie est dure mais les gens sont très accueillants et serviables.
Lilou, Yohan et Mia profitent de l’occasion pour s’amuser avec Victor, Céline et Ilona.
A la fin de la semaine nous quittons Sylvia et Christophe qui doivent rentrer en France pour la rentrée. Nous prenons la direction opposée, celle de Budapest, où nous attendent Tündi et Dezsö, des amis de Sylvia qui vont nous faire visiter la capitale hongroise et se environs. Tündi et Dezsö parlent anglais et Tündi apprend le français, ce qui facilita nos nombreuses conversations.
Nous commençons notre séjour chez eux par une petite balade dans le parc naturel qui jouxte leur village. Nous atteignons rapidement le somment d’une petite colline qui domine tous les environs.
Tündi nous fait découvrir de nombreux plats hongrois (notamment soupe froide aux fruits et chocolatine au fromage pour le matin). Tündi ravit Lilou et Mia en sortant les jeux de ses petits enfants.
Le lendemain, nous partons pour Budapest. Tous nos déplacements sont en transports en commun ce qui surexcite les enfants qui prennent dans la même journée le tramway, le trolley et le métro (mention spéciale pour les stations du métro dans lesquelles on pourrait manger par terre).
La ville comporte de nombreux bâtiments somptueux : L’opéra, la cathédrale Mathias, le château, mais la perle reste à nos yeux le palais du parlement. Nous n’avons pas pu rentrer à l’intérieur mais l’extérieur qui s’étire le long du Danube a vraiment un côté envoûtant.
Le lendemain, Tündi et Dezsö nous emmènent au château de Vesigrad surplombant un méandre du Danube. Ce château était celui des rois avant de venir s’installer à Budapest. La vue est imprenable. Tündi offre un tour de cheval aux enfants puis nous partons pique-niquer à Szentender. Ce village jouît d’une position artistique importante en Hongrie avec notamment l’établissement de plusieurs peintres. L’ambiance dans les ruelles est estivale avec des animations pour les enfants et des groupes de musiques. Yohan a définitivement accepté Dezsö quand celui-ci lui a montré comment grimper aux arbres.
Nous quittons Tündi et Dezsö plein de reconnaissance tant nous avons apprécié leur compagnie et leur volonté de nous faire découvrir leur environnement. Nous prenons la direction du sud du pays, pour y visiter des endroits recommandés par Dezsö : Pecs et Orfu.
Nous faisons en chemin une halte dans un petit village pris au hasard dans la campagne hongroise. Même le Gers de chez ma sœur paraît civilisé !!! On y voit de vielles voitures russes, quelques carrioles et beaucoup de mobylettes. Nous passons la nuit à côté de l’étang du village, en compagnie des grenouilles, et au matin allons se renseigner pour avoir Internet. Nous arrivons à l’école du village et une institutrice nous invite à utiliser la salle informatique de l’école. Quelle ne fut pas notre surprise de découvrir une salle d’une trentaine de postes dernier cri. Et quelle ne fut pas la surprise de l’institutrice de nous voir dans son village : Plusieurs fois elle nous a demandé comment nous étions arrivés là.
En arrivant à Orfu, nous remercions Dezsö. Le coin est en effet très chouette et en cet fin août, il n’y a plus grand monde, ce qui ne doit pas être le cas en pleine saison. Nous décidons de rester plusieurs jours au bord de ce lac, tout en visitant les alentours, notamment la ville de Pecs : Avec ses rues piétonnes, ses quelques beaux bâtiments et ses nombreuses statues, c’est une ville assez charmante, la dernière que nous visiterons en Hongrie. Nous prenons en effet la direction de la Slovénie.
J’écris cet article presque trois semaines après avoir quitter la Hongrie, et plus que les villes, les sites ou les paysages que nous avons vu, nous sommes marqués par toutes nos discussions avec Sylvia, Dezsö et Tündi. C’est en effet la première fois que nous rencontrons des gens qui sont nés et ont grandi dans un « pays de l’est » comme nous disions avant l’effondrement du bloc soviétique. Tout ce que nous avions pu lire ou apprendre, notamment à l’école ou par les médias s’est retrouvé presque sans valeur face aux récits des morceaux de vie que nous ont racontés nos hôtes. Sylvia, Dezsö et Tündi, un grand merci à vous.


